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Une belle histoire

Il était une fois frère André…


Une histoire comme on les aime : celle d’un petit garçon issu d’un milieu peu favorisé, se battant pour grandir mais surtout pour survivre, convaincu qu’un ange le protégeait, s’acharnant à poursuivre le chemin qu’il cherchait devant lui, ouvrant son cœur à tous qui l’approchaient, finalement reconnu et acclamé comme le saint qui enrichissait la vie de ceux qui l’approchaient.


Mais cette fois, ce n’est ni un roman ni une fantaisie de cinéma. Plutôt le vrai récit d’un homme de chez nous, à la vie aussi simple que merveilleuse, qui est devenu l’ami de millions de personnes sans jamais s’attribuer le moindre pouvoir, le moindre mérite. C’est grâce à sa confiance en quelqu’un de plus grand, de plus puissant que lui qu’il pouvait soulager ses visiteurs. Soulager leur corps, souvent; leur cœur, toujours. Il aimait et faisait aimer. Il conduisait à Dieu ceux qui savaient accueillir son grand ami, saint Joseph, dans leur vie. L’histoire d’un saint d’aujourd’hui, incarné dans notre histoire où il est resté présent et vivant.


Alfred Bessette est né à Saint-Grégoire au sud de Montréal, travaillé à Saint-Césaire, émigré un temps aux États-Unis, comme des foules de jeunes de son temps, pour participer à l’essor des usines de la Nouvelle-Angleterre. Plusieurs de ses compagnons ont adopté cette nouvelle terre d’accueil et sont devenus les Franco-américains, qui ont gardé leur nom français et un peu de la culture qui s’y rattache.


« Je vous envoie un saint… »


Le jeune Alfred est revenu au pays. Il s’est rapproché de celui en qui il avait une confiance totale et qui représentait le don de soi qu’il désirait pour lui même : le curé André Provençal.  Ce dernier se dit un jour : « Je sais où le placer ». Il écrivit alors aux religieux de la congrégation de Sainte-Croix, qui enseignaient aux enfants de Côte-des-Neiges, face au mont Royal. Il leur dit : « Je vous envoie un saint… »


Le jeune ouvrier timide, illettré, voit s’ouvrir une voix qu’il désirait sans pourtant y croire : il serait un religieux! Sans savoir comme il servirait le Dieu qui remplissait sa vie depuis son enfance, il s’abandonnait à Lui. Peut-être surtout à saint Joseph : son ami, son confident, depuis longtemps. Il devint frère André.


Si le début paraît banal, peut-être semblable à la vie de plusieurs jeunes au parcours du jeune Alfred, ce qui suit demeure unique, exceptionnel. On aura rarement vu, dans notre histoire nord-américaine, un cheminement aussi extraordinaire. Au point que mille choses paraissent presque incroyables dans l’évolution d’une vie, d’une renommée, d’une petite chapelle. Car petit à petit, au long des jours et des pèlerins qu’il recevait, frère André s’est acquis une réputation de thaumaturge à nulle autre pareille.


Le petit frère, le petit garçon frêle et malade, est mort le 6 janvier 1937, à l’âge de 91 ans. Un million de personnes sont venues le remercier pour sa présence dans leur vie. Frère André demeure, depuis ce jour, fidèle à des millions d’autres. Il n’a jamais cessé de dire à ceux qui l’invoquaient : « Priez saint Joseph… »


Jean-Guy Dubuc, prêtre